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Gestion de la crise du Covid-19 en Turquie : Erdogan refuse la démission du ministre de l’Intérieur

By May 26, 2020 No Comments
FILE PHOTO: Turkish Interior Minister Suleyman Soylu speaks during a news conference for foreign media correspondents in Istanbul, Turkey, August 21, 2019.

Cible de vives critiques concernant sa gestion du confinement visant à enrayer la pandémie de coronavirus dans le pays, le puissant ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, a annoncé sa démission dimanche. Démission par la suite refusée par le président Erdogan.

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Le puissant ministre turc de l’Intérieur a présenté sa démission, dimanche 12 avril, après avoir essuyé de vives critiques sur sa gestion du confinement, mis en place pour enrayer la propagation du Covid-19 en Turquie.

“Que ma nation, à laquelle jamais je n’ai voulu nuire, et notre président, à qui je serai fidèle toute ma vie, me pardonnent”, a déclaré Süleyman Soylu dans un communiqué relayé sur son compte Twitter. “Je quitte la fonction de ministre de l’Intérieur que j’ai eu l’honneur de remplir.”

Une démission refusée par le président turc Recep Tayyip Erdogan plus tard dans la soirée. “La démission de notre ministre de l’Intérieur n’a pas été acceptée, il va continuer de remplir ses fonctions”, a fait savoir la présidence turque dans un communiqué.

Scènes de chaos dans les commerces

Vendredi soir, Süleyman Soylu avait pris des millions de Turcs de court, en annonçant l’entrée en vigueur deux heures plus tard d’une interdiction de sortir pendant 48 heures dans les trente plus grandes villes du pays.

Cette annonce au dernier moment a eu pour effet immédiat d’inciter des milliers de Turcs paniqués à se précipiter dans les commerces pour faire des provisions, sans tenir compte des règles de distanciation sociale.

Dans la foulée, de nombreux opposants et internautes avaient critiqué le gouvernement pour la manière dont ce confinement avait été mis en œuvre, accusant les autorités d’avoir mis en danger la vie de milliers de personnes.

Après les scènes de chaos constatées vendredi soir, le ministre turc de l’Intérieur avait souligné que la mise en place du confinement s’était déroulée dans le cadre des “instructions de notre président”, Recep Tayyip Erdogan.

Dimanche, Süleyman Soylu a, cette fois, endossé l'”entière responsabilité de la mise en œuvre de cette mesure”.

“Bien qu’ils se soient passés dans une période de temps limitée, ces incidents survenus avant la mise en œuvre du couvre-feu”, qui prend fin ce dimanche, ne correspondaient pas à une bonne gestion de l’épidémie, a-t-il estimé en annonçant sa démission dimanche dans un communiqué.

Süleyman Soylu a toutefois défendu le confinement, une “mesure prise de bonne foi, visant à ralentir autant que possible la propagation de la pandémie”.  “Les scènes qui se sont produites n’ont pas rendu justice à la gestion impeccable de l’épidémie”, a-t-il regretté.

Environs 1 200 morts du Covid-19 en Turquie

Le confinement, qui a pris fin dimanche à minuit (heure locale), avait été mis en place alors que l’épidémie de Covid-19 s’était accélérée en Turquie ces derniers jours.

Près de 57 000 personnes ont été infectées et environ 1 200 personnes sont mortes, selon le dernier bilan officiel publié dimanche par le ministère de la Santé.

Âgé de 50 ans, Süleyman Soylu avait pris ses fonctions de ministre de l’Intérieur en août 2016, soit un mois après une sanglante tentative de coup d’État visant à renverser le président Erdogan. À ce titre, Süleyman Soylu, réputé pour sa poigne et sa rhétorique brutale, a piloté les purges massives qui ont été lancées après le putsch avorté.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes soupçonnées de soutenir les putschistes, mais aussi des opposants pro-kurdes et des journalistes critiques, avaient alors été arrêtées dans le cadre de cette répression.

Avec AFP et Reuters

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