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La distanciation sociale nécessaire jusqu’en 2022 aux États-Unis, selon une étude

By June 14, 2020 No Comments
Des Américains font la queue devant un magasin Costco, le 10 avril 2020, à Washington DC.

Les mesures de distanciation sociale en vigueur aux États-Unis pour enrayer la propagation du Covid-19 pourraient être nécessaires jusqu’en 2022, selon des chercheurs de la Harvard School of Public Health. 

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Plusieurs périodes de distanciation sociale seront sans doute nécessaires jusqu’en 2022 pour empêcher que le Covid-19 n’engorge les hôpitaux de malades aux États-Unis, estiment des chercheurs de Harvard dans une étude publiée mardi 14  avril par la revue Science.

L’équipe de Harvard a modélisé la pandémie de Covid-19, la maladie causée par ce nouveau coronavirus, en partant de l’hypothèse qu’elle serait saisonnière, comme d’autres virus de la même famille, dont des coronavirus responsables du rhume, qui aiment l’hiver.

Leur simulation a dû s’accommoder de nombreuses inconnues sur le nouveau venu, baptisé SARS-CoV-2, notamment sur le niveau et la durée de l’immunité acquise par une personne contaminée.

“Une mesure ponctuelle de distanciation sociale sera probablement insuffisante pour que l’incidence de SARS-CoV-2 reste dans les limites de la capacité des services de réanimation aux États-Unis”, a résumé l’un des auteurs, Stephen Kissler, dans une conférence téléphonique mardi avec des journalistes. “En l’absence de traitements, des périodes intermittentes de distanciation sociale seront sans doute nécessaires”, a-t-il déclaré.

Entre confinement et ouverture

La durée et le degré de confinement pourront être réduits quand des traitements efficaces ou un vaccin auront été découverts. D’ici là, il faudra osciller entre confinement et ouverture afin de prévenir une nouvelle vague et permettre aux systèmes de santé de gonfler leurs services de réanimation.

Marc Lipsitch, professeur d’épidémiologie, explique qu’en acceptant des périodes de contaminations plus élevées, pendant les déconfinements épisodiques, le virus va inévitablement contaminer une proportion croissante de la population (idéalement, les plus jeunes et moins vulnérables, qui risquent moins d’en mourir). 

Cela rendra plus de gens malades, mais présentera l’avantage de construire progressivement l’immunité collective de la population, c’est-à-dire le niveau à partir duquel il n’y aura plus assez de gens susceptibles d’être contaminés pour que le virus continue de circuler.

Trop de confinement, à l’inverse, empêcherait de bâtir cette immunité collective, ont simulé les chercheurs, qui en concluent que l’approche la plus efficace est le maintien intermittent de mesures de distanciation sociale (confinement, fermeture des écoles et entreprises…).

Quelle immunité?

On ignore encore si les gens contaminés développeront une immunité courte ou longue. Pour des virus cousins, comme ceux du rhume, l’immunité s’érode au bout d’un an. Pour le SRAS [syndrome respiratoire aigu sévère], elle est longue.

Une chose est quasi-sûre, selon les auteurs de l’étude : le nouveau coronavirus ne va pas disparaître du jour au lendemain. Il est improbable, selon eux, que l’immunité soit assez forte et assez durable pour que le coronavirus ne disparaisse à la fin de la première vague que nous traversons en ce moment (contrairement au SRAS de 2002-2003).

La publication de cette étude survient alors que le pays a enregistré 2 200 décès supplémentaires mardi, ce qui constitue le bilan quotidien le plus lourd depuis le début de la pandémie, qui a fait au total 28 300 décès à ce stade. Donald Trump, qui vient d’annoncer la suspension de la contribution des États-Unis à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), prépare en outre un plan de déconfinement du pays.

Selon l’OMS, le pic de la pandémie n’a pas encore été atteint. Le bilan du Covid-19 s’élève dans le monde à près de 2 millions de contaminations et plus de 124 000 morts.

Avec AFP et Reuters

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